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Appel à contributions sur une possible offre d'orthos dynamiques sur le Géoportail

18 Avril 2018

Et s'il était possible de voir les façades et les pieds d'immeubles ? l'IGN lance un appel à contributions pour co-construire une possible future offre d’orthos dynamiques sur le Géoportail. [Edit : l'appel à contributions a été prolongé jusqu'à fin mai 2018 à la demande de certains utilisateurs voulant finaliser leur évaluation]

Un peu de contexte sur l’ortho-imagerie

Les orthos-images (parfois appelées “vue satellite” ou “photo aériennes”) sont les ressources les plus utilisées du Géoportail.

Le Géoportail propose en fait diverses ressources d’ortho-images. Celles-ci sont dérivées pour certaines de la BD ORTHO®, composante du Référentiel à Grande Echelle (RGE®), de l’ORTHO HR ou de prises de vue satellitaires (SPOT, PLEIADES, etc).

L’objectif principal d’une ortho-image est de proposer une représentation du territoire très détaillée avec une bonne qualité géométrique, sans choisir ni hiérarchiser l’information comme le fait une carte. Ce faisant, le processus de fabrication sélectionne des données et en abandonne d’autres.
La fabrication d’une ortho-image comprend ainsi 4 grandes étapes :

  • un avion couvre le territoire souhaité avec une prise de vues aériennes, en assurant un certain recouvrement entre les clichés.
  • l’IGN orthorectifie l’ensemble des clichés, pour les rendre superposables au plan,
  • en exploitant la partie centrale des clichés, celle où l’avion est le plus « à la verticale » du sol,
  • pour générer une orthophotographie.

Le bilan de la conférence en ligne organisée par l’IGN en septembre 2017 peut vous permettre d’en savoir davantage sur les grandes lignes de production d’une orthophotographie.

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Et si était laissée la liberté de choisir le point de vue du territoire ?

Le processus de fabrication de l’orthophotographie conduit à exclure de nombreuses parties de clichés. Certes ces informations sont disponibles sur les clichés bruts, mais c’est alors au prix de la perte de la précision géométrique de l’orthophotographie.

A contrario, se limiter à l’orthophotographie revient à perdre les multiples points de vue sur un même objet et donc ne pas être en capacité de voir chaque pied d’un bâtiment (sous réserve de ne pas être masqué par le dévers ou la toiture) ou chacune de ses façades.

A la recherche d’une solution pour l’accès à ces différents points de vues

De nombreux utilisateurs de la BD ORTHO®, dans des domaines divers tels que la gestion de réseaux, la voirie ou les services d’intervention ont exprimé auprès de l’IGN le besoin de disposer de ces différents points de vue du territoire.
L’IGN a donc entamé une réflexion sur l’accès en service à ces données.

Dans cette optique, l’IGN a produit, à titre expérimental, une première « ortho dynamique », en mettant à disposition l’ensemble des clichés orthorectifiés (ou “OPI” pour Ortho Par Image).

De par les spécifications d’une orthophotographie telles la BD ORTHO®, les prises de vues aériennes se superposent. Ainsi 5 à 8 clichés peuvent couvrir pour une même zone. Les experts ont donc réparti les images en autant de couches distinctes que nécessaires pour que chacune ne contienne que des images entières et non jointives.

Sur une zone test sur la ville de Rennes, le résultat correspond à 12 couches distinctes disponibles en flux tuilé WMTS.

Il suffit de passer de l’une à l’autre de ces couches pour visualiser les différents points de vue possibles sur un bâtiment.

Où voir le résultat ?

Dans l’application suivante :

https://spatial.ign.fr/rltrennes/comparer/basic?x=-1.668142&y=48.087000&z=19&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.OPI.RENNES-002&layer2=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.OPI.RENNES-001&mode=doubleMap

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Vous pourrez afficher deux points de vue simultanément à l’écran et visualiser ainsi les “détails cachés” révélés par cette ortho dynamique.

Via les web services du Géoportail ou le site Géoportail :

L’ensemble des couches “OPI” est disponible sur la clé beta jusqu’au 31 mars prochain.

Les URL de connexion associés sont les suivantes :

WMS Raster : https://wxs.ign.fr/beta/geoportail/r/wms?SERVICE=WMS&VERSION=1.3.0&REQUEST=GetCapabilities
WMTS : https://wxs.ign.fr/beta/geoportail/wmts?SERVICE=WMTS&VERSION=1.0.0&REQUEST=GetCapabilities

Ces services permettent une visualisation dans un SIG ou sur le site geoportail.gouv.fr (via l’outil “importer les données”).

Les conditions du test

Pour faciliter le test, les ressources mises en ligne ont été publiées aux conditions de la “licence d’évaluation ou de démonstration” :

La licence d’évaluation ou de démonstration autorise le licencié, pour une durée définie dans la licence, à utiliser les données de l’IGN dans le but de prendre connaissance de leur contenu, de leur qualité et de leurs spécifications, de tester leur adaptation aux usages du licencié, de mettre au point et de promouvoir l’application ou le service qu’il développe. L’utilisation des données est limitée aux évaluations, tests ou démonstrations réalisées par le licencié

Les étapes suivantes : co-construire la solution finalisée à partir de retours d’usage

Parmi les questions restant à résoudre figurent :

  • la manière d’expliquer quels points de vue sont disponibles sur une zone
  • l’ergonomie pour accéder à ces données dans un site web tel que le Géoportail ou Remonter le Temps
  • la facilité de mise en œuvre dans un système d’information géographique.
  • le meilleure modèle technique et économique pour publier l’ensemble du patrimoine.

Vous êtes invités à partager vos retours et suggestions sur https://democracyos.consultation.etalab.gouv.fr/geoportail, ou sur le forum developpez.com dédié à l’API Géoportail si vous y êtes inscrit.

Votre contact IGN habituel pourra également recueillir et transmettre ces retours.

Un bilan des retours sera fait en mars et avril 2018 en vue de décider d’une suite à cette expérimentation de publication des MNS en flux. Merci par avance pour vos contributions et commentaires !

Annexe : un cas pratique

Prenons un exemple, et transportons-nous boulevard Emile Zola, à Rennes pour observer le lycée Emile Zola (célèbre pour avoir accueilli le procès Dreyfus), le bâtiment de la Direction régionale des finances publiques et le Théâtre national de Bretagne.

  • L’orthophotographie, telle que proposée sur le Géoportail, est la suivante (ortho express 2017):

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  • Cette dernière est intégralement issue des données de la couche « OPI-6 » et objet d’un traitement d’amélioration radiométrique :

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Cette même zone est aussi visible, pour partie :

  • Sur la couche « OPI-1 », permettant de visualiser les façades (et leurs pieds) Sud :

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  • Sur les couche « OPI-2 », « OPI-4 » et « OPI-5 », pour les façades Est de la partie Est de l’image (visuel issu d’OPI-2) :

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  • Sur la couche « OPI-3 » pour les façades Nord… qui sont à l’ombre. Un traitement des ombres pourrait d’ailleurs être envisagé :

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Ainsi, grâce à l’ortho dynamique, l’utilisateur peut choisir son point de vue (et les multiplier) tout en conservant la qualité géométrique « au sol ».