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Géoservices IGN

Le PIA - mai 2016 à février 2017 : le contexte existant


L’existant : un besoin général de mutualisation et de qualification

Géocodages ad hoc

Le géocodage ad-hoc est celui que l’on met en œuvre en interne pour sa propre structure, par opposition à un service proposé par un prestataire dans le cadre d’un contrat de de service.

Cette configuration se rencontre le plus souvent dans les structures disposant d’une cellule géomatique et d’un système d’information géographique (SIG). Le défi principal est l’accès à un référentiel adresse suffisant, c’est pourquoi le géocodage ad-hoc concerne principalement les collectivités et administrations possédant déjà ces données, soit par leur mission, soit par utilisation d’un référentiel externe tel que la BD Adresse de l’IGN, libre d’utilisation pour les missions de service public, l’enseignement et la recherche.

Il est alors tentant de vouloir capitaliser sur le référentiel de données acquis en mettant en œuvre un moteur de géocodage fourni au sein d’une application (solution ESRI par exemple) ou développé en interne.

Les limitations identifiées sont de 2 ordres :

API des éditeurs commerciaux ou communautaires

Les interfaces programmatiques (API) commerciales telles que Google Maps , HERE ou MapQuest peuvent offrir d’excellents résultats mais la composition du référentiel d’adresses n’est généralement pas documentée. Comment savoir, par exemple, si Google intègre la situation nouvelle des communes françaises depuis les fusions opérées au 1er janvier 2016 ?

D’autres offres “communautaires” telles que Nominatim sont également proposées.

En outre, la dépendance numérique des services publics français à des prestataires étrangers doit être rigoureusement contrôlée, sinon évitée car il s’agit de dépendance permanente.

Le géocodage à l’IGN

L’IGN gère un web service de géocodage basé sur une solution GeoConcept et reposant sur la BD Adresse , la BD Topo et d’autres données comme la base des codes postaux. Ce service alimente tous les géocodages de l’IGN :

Ce service compte actuellement plus de 1300 utilisateurs actifs (mesure réalisée sur le nombre de clés de géoservices ayant du géocodage et ayant enregistré une activité en janvier 2017)

Mais, outre certaines limitations constatées (rapidité, signification du score, prise en compte des CEDEX…), deux points fondamentaux peuvent sembler pointer vers un besoin de refondation de ce moteur de géocodage :

Le web service Etalab basé sur Addok

La mission Etalab, en charge du développement du site adresse.data.gouv.fr , a encouragé le développement d’un moteur de géocodage nommé Addok

Un web service basé sur Addok et en particulier sur les exports BAN (voir plus loin) est hébergé par la mission Etalab et exploitable par interfaces interactives et programmatiques.Celui-ci est souvent présenté comme le service de géocodage de la BAN. Impulsé comme une preuve de concept, la solution a rapidement gagné en maturité. Bien qu’il offre une bonne qualité, le service est aujourd’hui affiché comme étant « en bêta » et proposé sans cadre contractuel ni garantie de service. Son statut futur dans le service public reste à préciser.

Le code source d’Addok est publié sur Github (sur un compte séparé de celui du SGMAP) et est rendu disponible avec une licence très permissive. En tant que logiciel libre, il peut donc être mis en œuvre par toute entité.

L’utilisation d’un outil en propre renvoie cependant aux complexités d’un hébergement interne :

La question de la compétence en géocodage pour les administrations reste ainsi entière.

Le besoin de clarifier les attentes dans leur détails opérationnels et d’évaluer la qualité des outils dans la durée demeure également, à plus forte raison si l’on souhaite pleinement tirer profit de la BAN et de l’outil Addok .

Innovation dans la méthode

Une démarche transversale portée par un acteur légitime

Face aux constats exposés précédemment, l’IGN a pris l’initiative de proposer au Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) le projet Plateforme Nationale de Géocodage . Porté par le Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, ce projet se situe en amont des services concernés : diagnostiquer les usages, relever les manques, élaborer des spécifications consensuelles et proposer un protocole d’évaluation des services.

Le géocodage est dans les sciences géographiques une fonction éminemment transversale à de nombreux métiers et usages. Combinaison d’un logiciel et d’une base de données, la fonction géocodage dépend d’une expertise dans les domaines informatique et géomatique réunis.

C’est pourquoi la démarche échappe au balisage des structures de gouvernance disciplinaires traditionnels, pour évoluer de façon transversale et couvrir le sujet sans les zones d’ombre fatales aux découpages sectoriels habituels.

La qualité par le consensus

La démarche rassemble le plus grand nombre d’acteurs et utilisateurs publics, compte-tenu des moyens disponibles, pour travailler ensemble sur ce sujet spécifique.

De l’ampleur de ce rassemblement dépend la valeur des spécifications qui seront publiées. Elles se nourissent des contributions, les plus représentatives possibles des usages à satisfaire.

Les acteurs du projet

MEEM - Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer : porteur du projet

Le ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement dans les domaines du développement durable, de l’environnement et des technologies vertes, de la transition énergétique et de l’énergie, notamment en matière tarifaire, du climat, de la prévention des risques naturels et technologiques, de la sécurité industrielle, des transports et de leurs infrastructures, de l’équipement, de la mer, à l’exception de la construction et de la réparation navales, ainsi que dans les domaines des pêches maritimes et de l’aquaculture.

Il élabore et met en œuvre la politique de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution atmosphérique. Il promeut une gestion durable des ressources rares.

Il est chargé des relations internationales sur le climat. A ce titre, il conduit les négociations européennes et internationales sur le climat et veille à la mise en œuvre des accords conclus, en concertation avec le ministre des affaires étrangères et du développement international.

Il participe à l’élaboration des programmes de recherche concernant ses attributions.

IGN - Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) : porteur opérationnel du projet

L’IGN est l’opérateur de l’Etat en matière d’information géographique et forestière de référence, certifiée neutre et interopérable. L’Institut développe en permanence de nouveaux référentiels, produits et géoservices, répondant aux besoins croissants et évolutifs en données cartographiques et en informations géolocalisées. Puissant acteur public du numérique pour la description multi-thèmes du territoire, l’Institut intervient en appui à l’évaluation et à la mise en œuvre des politiques publiques de prévention des risques, d’aménagement du territoire, de développement durable, de défense et de sécurité. Grâce à ses cinq laboratoires de recherche, l’IGN entretient un potentiel d’innovation de haut niveau dans les domaines de la géodésie, de la topographie vectorielle, de l’optique et de l’électronique, du traitement des images et d’inventaire forestier.

L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) est placé sous la double tutelle de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer et du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

SGMAP - Secrétariat général pour la modernisation de l’action Publique (SGMAP) : contributeur au suivi technique et financier du projet

Le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP) est un service du Premier ministre qui accompagne le Gouvernement dans la mise en œuvre de la réforme de l’État et soutient les administrations dans leurs projets de modernisation. Il encourage les acteurs publics à s’approprier de nouvelles manières de concevoir et mener les politiques publiques. Avec le citoyen au centre de tous ses objectifs et de ses méthodes, le SGMAP œuvre pour une action publique plus performante. Il développe et diffuse le numérique au sein de l’administration pour ajuster les services aux besoins et aux usages des citoyens.

Groupe Caisse des dépôts et consignations

Caisse des dépôts et consignations (CDC) : gestion administrative et financière du fonds Transition numérique de l’Etat et modernisation de l’action publique

LaCaisse des dépôts et consignations (CDC), parfois simplement appelée Caisse des dépôts, est une institution financière publique française créée en 1816.

Placée sous le contrôle direct d’une commission de surveillance rendant compte au Parlement, elle exerce des activités d’intérêt général pour le compte de l’État et des collectivités territoriales ainsi que des activités concurrentielles.

Le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA)

Doté de près de 47 milliards d’euros, le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), piloté par le commissariat général à l’Investissement, a été mis en place par l’Etat pour financer des investissements innovants et prometteurs sur le territoire, avec un principe de co-financement pour chaque projet.

La gestion du PIA a été confiée à douze opérateurs, dont le groupe Caisse des Dépôts, qui gère ainsi 13,7 milliards d’euros déclinés en 36 conventions.

La mise en œuvre du PIA implique la mobilisation de l’ensemble de la Caisse des Dépôts et de plusieurs directions de Bpifrance. Pour l’ensemble du groupe, le PIA est une opportunité permettant de mobiliser, selon une gouvernance spécifique, des montants très significatifs sur des interventions complémentaires de celles menées sur fonds propres sur des thématiques d’investissement prioritaires : investissement dans les petites et moyennes entreprises, économie de la connaissance, politique de la ville, économie sociale et solidaire, formation, économie numérique, développement territorial…