Date
13 octobre 2021

Les IGD – Indicateurs de Gestion Durable

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Les IGD – Indicateurs de Gestion Durable

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The Future We Want: The Forests We Need.
La dernière conférence ForestEurope s’est tenue à Bratislava en avril dernier sous cette égide.
De quoi parle-t-on et en quoi l’IGN est impliqué ?

On sait qu’il est nécessaire de protéger l’écosystème forestier. Mais si un pays seul adoptait des mesures protectrices, l'impact de ces mesures serait considérablement réduit, voire anéanti par les pratiques des pays moins respectueux de l'environnement. Et pour prendre des décisions, encore faut-il connaître l’état des forêts et leur évolution. Comment se fait le lien entre ce « we / nous » du terrain et les décisions politiques internationales ?

Le 26 septembre 2016, dans la forêt de Bombon sur la commune de Saint-Ouen-en-Brie, Sébastien, agent de l’IGN*, mesure un chêne qui fait 76 cm de diamètre sur la placette d’inventaire n° 16-77-176-1-081T

Cette placette a été sélectionnée lors d’un processus d’échantillonnage et de stratification qui fait intervenir la photo-interprétation sur photos aériennes**.

Cette donnée permet d’abonder l’inventaire forestier national produit par l’IGN. Sur la base de cet inventaire, mené annuellement depuis 60 ans, l’IGN peut fournir de  nombreuses informations pour connaître l’état de la forêt et de la ressource en bois. Cela permet par exemple de savoir combien de CO2 est stocké chaque année par la forêt, ce qui compense une partie de nos émissions.

Le volume calculé pour ce chêne, grâce aux équations appelées « tarifs de cubage », est de 2,9 m3. Avec l’échantillon de plusieurs dizaines de milliers d’arbres mesurés chaque année dans le cadre de l’inventaire forestier, l’IGN peut calculer le volume de bois sur pied en France qui est de 2,8 milliards m3.

Si l’inventaire constitue une grammaire de base incontournable pour mettre en place une politique de gestion durable de la forêt, il convient de contextualiser ces chiffres avec une approche plus globale.

C’est à ce stade qu’intervient la Conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe (MCPFE, aussi connue sous le nom ForestEurope). Dès ses débuts dans les années 1990, la conférence postule qu’une collaboration internationale s’impose pour traiter des divers aspects de la problématique forestière dans la région. La conférence associe 46 pays européens et s’ouvre aux organisations non gouvernementales actives dans le domaine environnemental et social, aux associations de propriétaires forestiers, aux industries forestières et organisations intergouvernementales.
Autre spécificité du programme, aborder la forêt dans sa dimension globale : environnementale bien sûr mais aussi économique et socioculturelle. La forêt est ainsi envisagée comme contributrice au développement durable de la société, au sens large.

En 1993, la MCPFE, réunie à Helsinki, adopte 4 engagements spécifiques, l’un d’eux portant sur la gestion durable des forêts en Europe. Pour évaluer cette gestion durable, 6 critères sont définis : ressources forestières et contribution au cycle du carbone ; santé et vitalité des forêts ; fonctions de production de bois et d’autres produits ; diversité biologique ; fonction de protection (notamment du sol et de l’eau) ; fonction socio-économique. C’est ainsi que les IGD-Indicateurs de Gestion Durable sortent du bois.

Pour la France, l’élaboration de ces indicateurs est confiée à l’IFN, puis l’IGN. Elle s’appuie sur l’inventaire forestier, le reste des données reposant sur un travail partenarial mené avec une vingtaine de partenaires comme le Centre national de la propriété forestière, l’Office français de la biodiversité, ou encore la Caisse nationale d’assurance maladie. Les IGD sont publiés pour la première fois en 1995. Ces chiffres sont publiés aux niveaux national, européen et mondial tous les 5 ans.

En 2020, la FAO (ONU) publie son état des forêts mondial, ForestEurope publie son état des forêts en Europe, la France met à jour pour la 6ème fois ses indicateurs de gestion durable.

L’IGN a transmis en 2020 les données pour la France contribuant ainsi  aux calculs de volumes de bois :

  • 34,9 milliards m3 dans les forêts d’Europe (SOEF 2020)
  • 557 milliards m3 dans les forêts mondiales (ONU 2020)

Ces calculs incluent bien sûr le chêne de la forêt de Bombon.

Les IGD ont été publiés fin juillet. Si ces indicateurs sont avant tout destinés à un public professionnel, leur compréhension et appropriation par le grand public font partie des engagements de ForestEurope. À ce titre, une attention particulière a été portée au rendu public des IGD 2020.

N’hésitez pas à aller en prendre connaissance !
Vous pouvez en retrouver le détail ici et .